Le cinéaste Gilles Carle décède à l'âge de 80 ans
Publié le 29 novembre 2009
VALLEE-DE-LA-GATINEAU.NET - Le cinéaste Gilles Carle, qui est né à Maniwaki le 31 juillet 1928, est décédé, samedi, à l’âge de 80 ans. Il souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson et avait été hospitalisé au Centre hospitalier de Granby à la suite d’un infarctus et d’une pneumonie.
Le père du cinéma québécois aura droit à des funérailles nationales, a laissé savoir le bureau du premier ministre Jean Charest.
Il a été un pionnier et l’une des figures marquantes du cinéma québécois. Dès 1965, il s’imposait avec le long métrage La vie heureuse de Léopold Z, film qui lui a valu le Grand prix canadien du cinéma.
En 1983, il avait choisi sa région de naissance pour tourner le film Maria Chapdelaine. Toute son équipe s’était alors installée dans le secteur du Baskatong, à Grand-Remous.
La région de la Vallée de la Gatineau avait honoré l’homme et son oeuvre en baptisant sa salle de spectacle du nom de Gilles-Carle. Cette salle, qui logeait dans l’ancien Cinéma Azur, a été rasée par les flammes en février dernier. Un projet de reconstruction est toutefois sur la table à dessin.
« C'est avec une grande tristesse que nous avons appris cette fin de semaine le décès de Gilles Carle. Bien des gens se souviendront de son passage à Maniwaki, il y a de cela maintenant 5 ans, alors qu'il nous avait honoré de sa présence avec sa conjointe Chloé Sainte-Marie, pour l'inauguration de la salle de spectacle à son nom et pour le lancement du Festival Images et Lieux qui était en son honneur cette année-là », de souligner Emmanuelle Michaud, la présidente de la Maison de la culture de la Vallée de la Gatineau.
« Tout le conseil d'administration de la Maison de la culture de la Vallée-de-la-Gatineau souhaite ses plus profondes sympathies aux proches de M. Carle et une pensée plus particulière à Chloé Sainte-Marie », d'ajouter Mme Michaud.
Peu après sa naissance, la famille de Gilles Carle a déménagé à Northfield, où elle a passé quelques années, avant de prendre ensuite le chemin de Rouyn-Noranda. Puis à 16 ans le futur cinéaste prend le chemin de Montréal pour étudier le dessin à l’École des beaux-arts et ensuite à l’École des arts graphiques de Montréal.
Après avoir étudié en Lettres à l'Université de Montréal, il participe dans les années cinquante à la création de la maison d'édition l'Hexagone qui publie notamment à l'époque les œuvres de poètes comme Gaston Miron.
Puis il travaille comme graphiste à Radio-Canada à partir de 1955, et joint ensuite l'Office National du Film du Canada (ONF), en 1960, où il est d'abord documentaliste, puis scénariste avant de réaliser plusieurs documentaires dont Percé on the Rocks en 1964. En 1965, il y signe son premier long-métrage de fiction La Vie heureuse de Léopold Z., alors qu'on ne l'avait autorisé à faire qu'un documentaire sur l'enlèvement de la neige à Montréal.
En 1966, semoncé par son employeur pour avoir transformé en long métrage ce projet de documentaire, il quitte l'ONF pour les Productions Onyx avec lesquelles il scénarise et réalise Le Viol d'une jeune fille douce (en 1968), Red (en 1970) et Les Mâles (en 1971).
Puis, avec Pierre Lamy, il fonde les Productions Carl-Lamy au début des années 70 et réalise au cours de cette décennie La Vraie Nature de Bernadette (en 1972), La Mort d'un bûcheron (en 1973) et La Tête de Normande St-Onge (en 1976).
Au cours des années 80 il adapte deux classiques de la littérature québécoise au grand écran, Les Plouffe (en 1981) et Maria Chapdelaine (en 1983).
Gilles Carle réalise ses derniers longs-métrage de fiction aux cours des années 1990, avant que la maladie ne le réduise à des travaux plus solitaires, d'écriture et d'arts plastiques, puis à l'inaction totale.
Depuis 1991, il est atteint de la maladie de Parkinson, une maladie dégénérative, qui paralyse peu à peu ses mouvements et le rend inapte à marcher, puis à parler.
Sa compagne, Chloé Sainte-Marie, s'occupe de lui (avec l'aide de préposés) et se démène activement auprès des gouvernements canadien et québécois pour qu'ils viennent en aide financièrement aux aidants naturels... mais elle n'obtient que peu de succès.
Gilles Carle, devenu incapable d'ingurgiter et souffrant d'un infarctus et d'une pneumonie, est transporté à l'hôpital, où il meurt après quelques semaines, dans la nuit du 27 au 28 novembre 2009, à l'âge de 80 ans.
Source : Sogercom Vallée de la Gatineau et Wikipédia